10 nov. 2013

ETUDES D'ART: DEFINIR UNE STRATEGIE D'ORIENTATION EFFICACE


Arts plastiques, arts appliqués, spectacle vivant: tous ces domaines ont connu au cours des dernières années une professionnalisation croissante. Si être créatif reste une condition sine qua non pour s'y faire une place, décrocher un diplôme est de plus en plus nécessaire. Alors que les formations les plus prestigieuses assurent une insertion professionnelle assez confortable, leur accès est extrêmement sélectif. Pour les heureux élus des grandes écoles du secteur comme pour les autres, les études serviront à se bâtir peu à peu un profil qu'ils pourront ensuite présenter dans leur book!

 

1-    Les arts appliqués
Dans les arts appliqués, la création artistique a un but fonctionnel et utilitaire. Elle est appliquée à un produit, une image ou un espace. Les études d'arts appliqués préparent notamment aux métiers du design, du graphisme et de l’architecture intérieure.

Les formations supérieures en arts appliqués sont ouvertes à toutes les filières de bac. Le bac STD2A (sciences et technologies du design et des arts appliqués) vous donnera cependant une longueur d'avance. Vous aurez un dossier de travaux personnels bien abouti à présenter lors des concours et serez dispensé de la mise à niveau en arts appliqués (MANAA), obligatoire pour tous les autres bacheliers voulant intégrer un BTS arts, un DMA (diplôme des métiers d'art) ou de nombreuses écoles d'art.
 
En une année, la MANAA allie théorie et pratique pour assurer l'acquisition d'une culture artistique et d'une expressivité plastique. Design de produit et d'espace, communication visuelle, création textile, tous les domaines des arts appliqués sont abordés. La charge de travail y est très élevée. Il faudra compter jusqu’à 38 heures de cours par semaine, auxquelles s'ajoute du travail personnel. L'élève prendra à sa charge l'achat du matériel et les sorties pédagogiques, soit un investissement initial de 500€, puis de 40 à 100 €  tous les mois. 


La sélection à l'entrée en MANAA repose sur dossier scolaire et lettre de motivation. Très réputé, le lycée la Martinière-Diderot à Lyon, reçoit ainsi plus de 2000 candidatures pour 60 places.
 
 

Attention, le passage en BTS dans l'établissement où vous effectuez votre MANAA n'est pas automatique.


·         BTS et DMA: les écoles supérieures d'arts
 Très axés sur la pratique, les 11 BTS artistiques (design de produits, design d'espace, communication visuelle, ...) et les 13 DMA (arts graphiques, décor architectural, régie de spectacle, ...) couvrent tous les domaines des arts appliqués et se font en 2 ans après le bac.
 
 
Ceux qui sont préparés dans les prestigieuses écoles supérieures d'arts appliqués ont particulièrement la cote auprès des recruteurs. Ces dernières, toutes à Paris, ont chacune leur spécialité: architecture intérieure et ameublement à l'école Boulle, communication visuelle à Olivier de Serres, métiers du livre à Estienne, mode à Duperré. L’ESAAT, à Roubaix, prépare elle aux métiers du textile. Proposant une scolarité très réputée et gratuite, la concurrence aux concours d'entrée de toutes ces écoles est sévère.
Après votre DMA ou BTS, vous pourrez prétendre à des emplois d'exécutants ou compléter votre cursus par un DSAA (diplôme supérieur d'arts appliqués) en 2 ans qui vous ouvrira des postes de conception artistique.


·         Les formations longues
Autre filière d'excellence: les Écoles nationales supérieures d'art (ENSA). L’ENSAD (Arts Déco de Paris), l'ENSBA (Beaux-Arts de Paris) et l’ENSCI-Les Ateliers jouissent d'une excellente réputation auprès des professionnels et délivrent leur propre diplôme de niveau bac+5. Solide renommée, scolarité gratuite, petites promotions… la sélection est drastique et beaucoup de candidats suivent une formation, généralement privée, avant de postuler. Il est possible de réussir sans mais, dans certains cas, elle peut être utile, notamment pour vous aider à constituer un book présentable pour passer les concours. Il faut faire preuve de créativité, de sensibilité artistique et de qualités d'expression formelle. À partir de cartons, ficelles et pâte à modeler, il peut être demandé aux candidats de concevoir un objet ou de préparer un discours en un quart d’heure à propos d’un objet tiré au sort.

·         Les écoles consulaires et privées
 
De nombreuses écoles privées ou consulaires (dépendant des chambres de commerce et d’industrie –CCI) proposent des formations en arts appliqués débouchant sur un titre propre à l'école. Chacune fixe le programme, la durée de la formation, les conditions d'admission mais aussi le montant des frais de scolarité… jusqu'à 10 000 € l'année!

Plusieurs écoles jouissent d'une telle réputation auprès des professionnels que vous pouvez être sûr de la qualité de leur formation. Citons par exemple Supinfocom à Aulnoy-lez-Valenciennes et, à Paris, Les Gobelins- l'Ecole de l'image pour l'animation, l'Ecole Camondo ou l'Ecole bleue pour l'architecture intérieure, Strate Collège Designers en design - notamment automobile - ou encore l'ESAG-Penninghen pour le graphisme.
 
 
 

Pour les autres, il conviendra de se renseigner sur les programmes et leurs reconnaissances. De plus, certaines associations professionnelles délivrent aux formations des labels qui peuvent vous aider à vous repérer. Ainsi, le Conseil français des architectes d'intérieur (CFAI) a accordé à treize écoles un label certifiant qu'elles répondent aux critères définis par la charte sur l'enseignement en architecture intérieure. Enfin, il existe un classement mondial des meilleures écoles de design réalisé par le site économique américain Business Week.
 
 

·         Les qualités requises pour les intégrer
Avant tout un bon coup de crayon. Au département animation des Gobelins-l'Ecole de l'image, on considère qu’un film d'animation, c'est d'abord un storyboard. Le dessin papier reste donc la base, même si le produit final est à 100% nouvelles technologies. L’Ecole conseille de passer le concours dès le bac pour mieux se rendre compte de ce qui est attendu et ainsi de se  préparer efficacement.



2-    Les arts plastiques
Contrairement aux études d'arts appliqués, les formations d'arts plastiques placent la démarche artistique au cœur de la scolarité et forment de futurs plasticiens, sculpteurs ou galeristes. D'initiations techniques en ateliers pratiques, chacun dessine petit à petit le langage artistique qui lui est propre.

·         Les Beaux-Arts
L'enseignement se tient dans une cinquantaine d'écoles d'art appelées plus communément Beaux-Arts. Elles préparent les étudiants au DNAT (diplôme national d'arts et techniques) en 3 ans pour le cycle court, au DNAP (diplôme national d'arts plastiques) en 3 ans suivis du DNSEP (diplôme national supérieur d'expression plastique) en 2 ans pour le cycle long.

Pour les intégrer, il n’est pas nécessaire de passer par une MANAA. Trois options sont proposées : art, design, communication. Petite révolution: de plus en plus d'écoles d'art s'alignent sur le système LMD (Licence-Master-Doctorat) et, pour répondre aux normes européennes de contenu de la formation en master, les étudiants doivent rédiger un mémoire de 100 à 200 pages.

·         Une insertion professionnelle difficile
 Une étude récente à propos du devenir des diplômés du DNSEP montrait que, 30 mois après leur sortie, près d'un diplômé sur cinq était toujours en recherche d'emploi. Comme il est très rare de réussir à vivre de son travail artistique, beaucoup s'orientent donc vers l'enseignement ou l'animation culturelle.

 
3-    Les études d’art à l’Université
A l'université, les études d'art se caractérisent par une approche plus théorique que pratique menant principalement vers les métiers de l’enseignement. Les filières universitaires arts plastiques/arts appliqués sont les plus adaptés pour préparer les concours de l'Education nationale, CAPES (certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré) d'arts plastiques et CAPET d'arts appliqués. Les licences d'arts du spectacle, danse, musique ou musicologie ne visent pas à faire de vous des comédiens ou des danseurs mais vous préparent à l'enseignement en articulant histoire, pratique et analyse des disciplines. Pour les arts appliqués et les métiers de la création, mieux vaut se tourner vers les écoles d'art.

 

4-    Le spectacle vivant
Les formations dispensées par les écoles supérieures du spectacle vivant conduisent aux métiers d'interprètes, d'enseignants, mais aussi chorégraphe, metteur en scène, directeur d'établissement d'enseignement artistique, et plus rarement technicien. Dans ce secteur, seuls 43% des emplois sont à temps complet. Le statut d'intermittent est répandu. Les formations supérieures conduisent essentiellement vers le diplôme national supérieur professionnel (DNSP) d'interprète : musicien, comédien ou danseur, vers le diplôme d'Etat (DE) de professeur de musique ou de danse ou vers des diplômes d'établissement.

                                                            

·         Le Théâtre
Neuf écoles délivrent le DNSP de comédien, dont le prestigieux Conservatoire national supérieur d'art dramatique (CNSAD) de Paris, l'École supérieure d'art dramatique (Esad) du Théâtre national de Strasbourg ou l'École régionale d'acteurs de Cannes (Erac). Un conseil: si vous voulez postuler, intégrez le conservatoire dès le lycée et assistez souvent à des spectacles. Travaillez les scènes. Et quand on sait que pour 500 candidats par an, il y a… 14 places, on comprend pourquoi les cours privés (Florent, Simon…) fleurissent et assurent une bonne préparation aux concours des écoles.

 

·         La Musique et la Danse
Si vous rêvez de devenir musicien soliste ou de danser dans des ballets prestigieux, sachez que les conservatoires nationaux supérieurs de musique et de danse de Paris et Lyon, le Centre national de danse contemporaine d'Angers, les écoles supérieures de danse de Cannes et de Marseille sont les plus renommés. Mais attention, pour devenir danseur classique, il faut s'y être pris dès l'enseignement primaire! En première année, vous enchaînerez cours de danse classique, contemporaine, de pas de deux, auxquels s'ajoutera une formation théorique en histoire de la danse, anatomie et formation musicale. La dernière année, vous  monterez des spectacles avec le jeune ballet.

 

 

29 oct. 2013

ORIENTATION DANS L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR


Les vacances de la Toussaint sont un moment privilégié du processus d’orientation dans l’enseignement supérieur. C’est la période où l’on reçoit les premières notes, où l’on commence à se rendre compte que l’on est ou pas dans la trajectoire que l’on souhaite, où il faut commencer à se positionner dans l’optique de la formulation de ses vœux sur admission-postbac - ouverture du site le 2 décembre prochain. Car la plus grande erreur que puisse faire un élève de terminale est de se focaliser uniquement sur le bac! La seconde année du cycle terminal est en effet aussi l’année de l’orientation. Et les choses commencent très vite en la matière puisque ce sont bien les bulletins ces deux premiers trimestres qui auront une incidence cruciale pour la suite et notamment pour l’entrée dans la plupart des filières sélectives.
 
 

NF CONSEIL: Comment préparer ses choix d'orientation

"Le parcours de réflexion aboutissant au choix d’une filière implique renonciation, remise en question, positionnement. (…) S’orienter, c’est aussi l’occasion de se familiariser avec le monde du travail, celui de l’Entreprise pour mieux l’appréhender et ainsi envisager des projets réalistes en corrélation à la fois avec ses propres aspirations, son véritable potentiel et les facteurs économiques inhérents au contexte de mutation actuel », indique Nelly Fraysse, créatrice et responsable de l’institut privé NF CONSEIL. Elle ajoute: « En termes de procédures de mouvement et de sélection, les résultats scolaires et particulièrement ceux obtenus pendant le cycle terminal (1ère et Terminale) sont déterminants. Ils participent aux chances de réussite. Par conséquent, la nécessité d’effectuer le bon choix s’inscrit inévitablement de manière précoce c’est-à-dire dès la classe de 3ème. (…) Il conviendra donc d’effectuer un choix raisonné en se questionnant sur ses centres d’intérêts, ses motivations, ses aspirations, ses aptitudes… Ce travail est indispensable pour mieux se connaître et être ainsi en mesure de considérer les alternatives conformes à ses attentes (...)".

Face à ses choix, il est tout à fait logique d’être inquiet. «J’étais très stressée lorsque j’ai dû commencer à inscrire mes vœux sur le site admission-postbac», témoigne Camille, étudiante en première année de DUT STID, qui constate à «quel point on murit en un an, quand il faut faire des choix».
Dans ce sens, l’orientation est un long processus qui débute dès la troisième et implique aussi bien sa famille que ses parents, ses amis, ses enseignants et bien sûr, des professionnels de l’orientation. Afin d’éviter toute forme de panique, de stress, de décision prise à la hâte, l’essentiel est de prendre le temps de réfléchir.
 
 
NF CONSEIL: S’orienter : Une nécessité à ne pas négliger
 
 
Le mot "orienter" a mauvaise presse car il est trop souvent associé à l’échec scolaire. On stigmatise parfois les élèves en leur disant qu’on va les "orienter". Néanmoins, « les choix relatifs à l’avenir sont inévitables et souvent décisifs. Il est donc primordial d’avoir un projet professionnel en tête, d’en discuter, de s’assurer qu’il vous correspond bien et si ça n’est pas le cas de le redéfinir. Dans le cadre de cette démarche, il faut avant tout se pencher sur ses savoir-faire scolaires et extra-scolaires, étudier ses qualités, et ne pas se fixer uniquement sur ses notes car une personnalité ne se limite pas à un bulletin scolaire. En outre, « un dossier scolaire ne reflète pas précisément le véritable potentiel d’un élève », nous confie Nelly Fraysse. Il s’agit d’un processus lent, itératif dans lequel pour savoir si l’on est fait pour tel métier ou telle formation, il ne faut se fixer aucune contrainte et réfléchir librement dans un système d’enseignement supérieur français qui est aussi foisonnant que compliqué. Plus tard, il sera alors temps de voir si l’on a ou non le niveau demandé.


 
 
 
NF C0NSEIL - Quels métiers me correspondent ?
 
Pour découvrir la voie qui convient à chacun, un véritable travail d’enquête est donc nécessaire avant de faire son choix. La vraie question à se poser n’est pas tout de suite "Quel métier je veux faire" mais "Dans quel environnement ai-je envie de travailler ?". Puis, il faut prendre le soin de confronter les idées de métier qu’on a pu se faire à leur réalité. Avant de se décider le mieux est sans doute de s’y confronter grâce à un stage.


15 oct. 2013

FRANCE 2 - INFRAROUGE - 22h45 - GENERATION Y OU GENERATION QUOI


Génération galère, Génération précaire, Génération digitale, mondialisée, déclassée, sacrifiée? Être jeune, c’est quoi au juste ? Et si on se mettait à écouter la nouvelle génération des 18-34 ans ? L’opération a démarré le 19 septembre, trois semaines avant  la diffusion aujourd’hui 15 octobre à 22h45,  de la collection documentaire événementielle Génération Quoi ? dans la case Infrarouge sur FRANCE2. 
NOTRE FUTUR, C'EST EUX!

 
Un an d'enquête, dix-huit mois de tournage, quinze personnages: le portrait de la génération des 18-34ans, à travers trois films.  

Pendant plus d'un an, à Cergy- Pontoise, une équipe de journalistes a suivi le parcours d'une quinzaine de jeunes. Ils sont représentatifs de la sociologie de cette génération: des sans-bac aux diplômés de l'ESSEC, des étudiants en droit aux bac+8 qui gagnent le SMIC, tous ont accepté d'être suivis pendant dix-huit mois pour nous aider à comprendre ce qui caractérise cette génération.  


Comment s'en sortent-ils? Quels sont leurs espoirs? Après quoi courent-ils? Quelles ressources ont-ils? Quelles stratégies adoptent-ils pour devenir adultes?  

Episode 1: Master chômage et master classe45% des 18-25 ans poursuivent des études supérieures, dans la course au bon diplôme. Sabrina part au Danemark valider son Master d'histoire; Massira et Clément animent le bureau des élèves de la fac de droit; Aurélie et Romain brillent à l'ESSEC. Tous savent qu'un Master 2 est le minimum requis pour réussir leur vie. Mais réussir, ça veut dire quoi?  


Episode 2: Bac ou crève30% de cette génération sort du système scolaire sans bac. Comment font-ils? Vincent trouve un stage en bâtiment en Espagne grâce à la mission locale; Marie-Laure craque et prend la route; Max et Elodie sont pris en charge par l'équipe de l'espace Césame; Jean-Pierre se perd dans les missions d'interim... Entre chômage et déclassement, seule leur énergie les maintient à flot.  


*FRANCE 2, FRANCE TV nouvelles écritures, Yami2 et Upian ont lancé une plateforme "GENERATION QUOI?". Pour la première fois, la génération des 18-34 ans est invitée à dresser son autoportrait dans une enquête interactive de masse sur les jeunes en France. Un site, une expérience documentaire, un média éphémère...   


http://generation-quoi.france2.fr/questions  




17 sept. 2013

ÉDUCATION: SALMAN KHAN, LE PETIT GENIE QUI BOUSCULE LA PEDAGOGIE

      

 Diplômé du MIT en maths, ingénierie et informatique puis du MBA de Harvard, Salman Khan quitte son emploi d'analyste dans un fonds d'investissement de Boston en 2009 et fait un vrai pari sur l'avenir, loin d'imaginer qu'il intégrera, trois ans plus tard, la liste des cent personnes les plus influentes de la planète, selon le magazine, Time.
          Son projet? Réinventer l'école. Il crée alors la Khan Academy, une association à but non lucratif, qui propose gratuitement des cours en vidéo et des exercices de maths et de sciences. Financée par un investisseur de la Silicon Valley à son lancement, elle a été par la suite soutenue par Google et la Fondation Bill et Melinda Gates.
 
          Aujourd'hui, le rêve ne paraît pas si fou; pour preuve les 4.375 vidéos et les milliers d'exercices en ligne, qui permettent d'apprendre aussi bien les maths que l'histoire de l'art, attirent 6 millions d'utilisateurs par mois. Les vidéos ont été vues 280 millions de fois et plus de 30.000 classes ont recours à la Khan Academy, dont les cours sont traduits dans une trentaine de langues.
          Le site de la Khan Academy est ainsi la plate-forme d’éducation la plus consultée sur Internet et la presse économique parle même d’une nouvelle communauté, les « Khan addicts ».
 
 
Une leçon de mathématiques sur le site de la Khan Academy
 
          Cette révolution pédagogique portant le nom de MOOC (Massive Open Online Course), méthode fraîchement débarquée des Etats-Unis s’implante jeudi 19 sept. sur nos écrans grâce au soutien de Bibliothèques sans frontières et Orange. Les leçons et exercices sont traduits bénévolement par deux polytechniciens, Elsa Sitruk et Julien Braun.
 
      Ces cours sous forme d’épisodes que l’on peut passer en replay à l’envi sont avant tout des outils complémentaires, à utiliser avant, pendant ou après le cours. Les explications sont claires et efficaces. Sur les vidéos, afin d'éviter toute distraction visuelle, aucun visage, seulement un tableau noir électronique (ou quelques cartes et illustrations).
 
          Il s’agit là d’une révolution difficile à ignorer, mais dont les conséquences n'ont pas fini de faire couler l'encre.
 L'idée générale est de libérer l'éducation de son carcan, de construire un système où deux élèves peuvent apprendre à des vitesses différentes, où les profs peuvent mesurer précisément et accompagner les progrès de chacun, où la connaissance n'est pas une succession de concepts séparés mais un savoir continu.
Un tel succès n’est pas sans rencontrer des résistances. Certains savants et intellectuels très sceptiques concernant cette prétendue révolution dénoncent d’ailleurs le système pensé naturellement en premier lieu pour les apprentissages scientifiques; les humanités étant réduites à la portion congrue.
          Il n’empêche Bibliothèques sans frontières est actuellement en pleine négociation avec le ministère de l’Education pour tester ces outils numériques en 2014 dans quelques classes pilotes.
 

 
      En attendant, retrouvez les cours et exercices disponibles sur: http://fr.khanacademy.org/


 

 

          Désormais philosophe, Salman Khan publie jeudi en France, L’Education réinventée (éd. JC Lattès). L’entrepreneur défend une certaine idée du savoir, mêlée d’autonomie et d’équité, à travers ce coup de projecteur. Selon lui, il faut dépoussiérer l’école sans toutefois mettre l’enseignant à la porte. Dans sa proposition de 312 pages, Salman Khan raconte son « extraordinaire aventure », sa vision de l’enseignement, insiste sur les lacunes avant de clore par une nouvelle définition de l’école, plus adaptée aux « digital natives » (natifs numériques). D’ailleurs, plusieurs enseignants ont complètement repensé leur façon d’enseigner grâce à sa méthode. Exit les cours magistraux, place à la pratique.

          Vous l’aurez compris, planqué derrière son enthousiasme et son bon sens, Salman Khan hait les voies de garage, l'échec scolaire des pays pauvres, les cours magistraux barbants des facs, les devoirs à la maison abusifs, les concepts compris à seulement 60, 70 ou même 85%... Il est un homme de conviction, pas de certitude. Il provoque, questionne, veut lancer un grand débat sur l'avenir de l'éducation. A nous de le prendre au mot.